Sabordage du MPS dans l’UNIR/PS : L’Opposition n’est toujours pas un dîner de gala

Sabordage du MPS dans l’UNIR/PS : L’Opposition n’est toujours pas un dîner de gala

Le landerneau politique burkinabè est en passe de connaître un nouveau mariage. Le mercredi 4 août 2021, le Mouvement patriotique pour le salut (MPS) et l’Union pour la renaissance/Parti sankariste  (UNIR/PS) ont rendu public un projet de fusion. Pour y parvenir, les deux partis ont procédé à la signature d’un protocole d’accord le même jour à Ouagadougou. Selon les premiers mots des premiers responsables, dans les jours à venir et à court terme, les deux partis feront une fusion pour ne devenir qu’un.

Ce nouveau mariage politique (scellé par des partis déjà membres de la Majorité) qui intervient alors qu’on assiste à une ruée vers la Majorité présidentielle conforte ceux qui affirment que la politique n’est pas une science exacte.

Sous Blaise Compaoré, il y avait des partis politiques de l’Opposition dont le programme consistait à cogner le régime. Le bashing était donc devenu un programme politique. Blaise parti, ces formations se retrouvent désormais à sec sans vision et surtout sans leur poil à gratter pour jouer les opposants, le jour et partisans, la nuit. La tendance a depuis changé.

C’est connu, être opposant n’est pas aisé, car ça équivaut à accepter une vie ascétique et même pire : on peut y laisser tous ses sous (argent), sans que les résultats ne soient à la hauteur, on peut y laisser sa peau et la prison est souvent presqu’à portée de main.

L’UNIR/PS qui était dans l’Opposition sous Blaise et qui s’est emparée des idéaux de Thomas Sankara brocardant le Compaorisme, a eu le vent en poupe car politiquement, Sankara se vendait bien tant que son tombeur était au pouvoir. Blaise déboulonné, le parti de l’œuf a perdu un pan de son programme politique et la dégringolade à chaque présidentielle était un signe qu’il fallait un changement de cap. Avec armes et bagages, l’UNIR/PS a rejoint le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et fait désormais partie de la Majorité poussant maître Bénéwendé Sankara à lâcher un jour cette phrase évocatrice : «si le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) accède au pouvoir que deviendra-t-il ?».

Aujourd’hui, le MPS, sorti bredouille des dernières consultations électorales de novembre 2020 et qui avait par la suite rejoint à son tour  la Majorité, se saborde dans le parti sankariste pour se relancer. A dire vrai, ce projet de fusion reste une bouée de sauvetage pour les deux partis qui sont en perte de vitesse. C’est aussi déconcertant de la part de Yacouba Isaac Zida, véritable patron du MPS, qui depuis le pays de l’érable n’a pas reconnu la réélection de Roch Kaboré. Certes, son fidèle lieutenant Augustin Loada l’a fait mais cette fusion désarçonne les uns mais confortent d’autres qui ont toujours vu que les ex-patrons de la Transition et le MPP étaient des camarades qui se sont brouillés mais qui se retrouvent à présent.

Du côté du MPP qui voit ses rangs grossir de jour en jour, c’est Simon Compaoré qui boit son petit lait encore faut-il y apporter vraiment quelque chose ! Certains viennent tout juste avec le bureau du parti sans …militants. Enfin, c’est mauvais pour la démocratie et on sent un manque de sincérité : l’Opposition n’étant jamais un dîner de gala, on intègre la majorité pour se faire une santé financière et à l’approche des élections, on reprend sa liberté pour essayer de grappiller des mandats.

En 2023-2024, nul doute que des partis qui ne jurent que par le MPP et Roch jaugeront de quel côté le «Naam» va pencher pour y migrer et continuer à vivre de la politique. Le MPP doit même faire gaffe pour ne pas perdre son âme et cette ruée vers elle, risque de le transformer en un conglomérat de partis situationnistes. Avant-hier l’UNIR/PS, hier l’UPC et la NAFA et le MPS. A qui le tour demain ? 

La Rédaction

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