Rapprochement des frères ennemis du FPI en Côte d’Ivoire : La Real Politik a fini par prendre le dessus sur les querelles

Rapprochement des frères ennemis du FPI en Côte d’Ivoire : La Real Politik a fini par prendre le dessus sur les querelles

L’image restera gravée dans les annales du parti et fera date en Côte d’Ivoire. Assoa Adou, secrétaire général du Front populaire ivoirien Gbagbo ou rien (FPI-GOR) et sa délégation reçus par Pascal Affi N’Guessan, président du FPI légal. C’était le dimanche 3 janvier dernier. Si officiellement, il s’agit d’une «visite de solidarité et de compassion à l’initiative du président Gbagbo à la suite de la libération d’Affi N’Guessan», cette rencontre marque en filigrane les intentions de l’ex-président ivoirien et de ses ouailles. Il s’agit en clair, de prémisses de rapprochement dans l’option d’une réconciliation qui pourrait s’opérer entre les frères ennemies dans la perspective des législatives du 6 mars 2021.

En effet, à travers cette visite de «solidarité», Laurent Gbagbo tend la main à son ancien premier ministre qui lui avait tourné le dos au nom de la Real politik. Aujourd’hui, avec les législatives en ligne de mire, il s’agit pour le «Woody de Mama»  de battre le rappel de ses troupes pour  tenter de grappiller quelques postes dans la future Assemblée nationale. Ce premier pas de la branche du FPI restée fidèle à l’ancien prisonnier de Scheveningen sonne   comme une volonté de remettre les pendules à l’heure avant de se lancer à la conquête de l’électorat. D’ores et déjà, il se susurre que des listes électorales consensuelles, prenant en compte des candidats de deux tendances pourraient voir le jour.

Par ailleurs, Laurent Gbagbo en attente de la décision en appel de la Cour pénale internationale compte jouer un rôle d’unificateur. En fin politique, il sait que rien ne s’obtient dans la division et il espère user de toutes ses forces pour «ramener les brebis égarées de son parti à la maison» à travers une paix des braves. Cela y va de l’avenir de ce parti qui se cherche (au propre et au figuré) depuis la crise postélectorale de 2011 qui s’est soldée par le déboulonnage de la galaxie Gbagbo, l’arrestation de plusieurs de ses cadres tandis que plusieurs autres prenaient le chemin de l’exil.

Quelques jours avant cette visite, Assoa Adou, qui déclarait, après près d’une décennie de boycott, la décision de son parti de prendre part aux prochaines consultations, ne faisait en réalité que tracer la voie à un rapprochement entre les deux «tendances» qui se livrent la paternité d’un parti dont l’âme vivante a été expédiée à des milliers de kilomètres. Ainsi, passé l’étape de la guerre fratricide, le FPI toute tendance confondue,  semble avoir tiré leçon de sa récente histoire et souhaite désormais changer de fusil d’épaule pour réussir à rebondir à ce scrutin législatif.

Davy Richard SEKONE

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