Le procès relatif au putsch manqué du 16 septembre 2015, rouvert le vendredi 25 mai dernier à Ouagadougou, a été aussitôt renvoyé au 12 juin 2018 par le président du tribunal militaire, à la demande des avocats commis d’office. Ceux-ci veulent mieux s’imprégner du dossier.
Encore un report du procès du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. A peine rouvert le vendredi 25 mai 2018, il a été renvoyé au 12 juin prochain. A la reprise de l’audience, vendredi dernier, dans la salle des Banquets de Ouaga 2000 (tenant lieu occasionnellement de salle d’audience du Tribunal militaire de Ouagadougou), le président du Tribunal Seidou Ouédraogo a procédé à l’appel des nouveaux avocats commis d’office en remplacement de leurs collègues qui se sont déportés, à l’issue de l’audience précédente (celle du 9 mai).
Ils sont au nombre de six, ces ‘’nouveaux’’ avocats commis d’office dont Me Mamadou Keïta, commis d’office pour défendre le général Gilbert Diendéré, présumé cerveau du putsch manqué. Tandis que certains avocats comme Me Jacques Soré et Me Timothée Zongo disent qu’ils n’ont pas besoin de délai, d’autres comme Me Mamadou Keïta, Me Régis Bonkoungou et Me Alexandre Sanwidi ont demandé des délais allant de deux à trois semaines pour mieux s’imprégner du dossier. Par conséquent, le président du tribunal a décidé de renvoyer l’audience à un peu plus de deux semaines, soit le mardi 12 juin prochain. Le procès, selon le président du Tribunal militaire, devrait reprendre avec l’interrogatoire des accusés.
Bien avant, le nouvel avocat du général Diendéré, Me Mamadou Keïta, a demandé à se dessaisir du dossier au motif que l’accusé souhaite se faire représenter par son conseil choisi (qui s’est déporté).Il en est de même pour Me Ibrahim Guitenga, commis pour la défense des accusés Sawadogo Nobila et Compaoré Relwindé. «Nous ne nous sommes pas accordés», a indiqué Me Guitenga qui a souhaité être dessaisi du dossier. Il avoue que ses clients entendent poursuivre la même stratégie de défense appliquée par leurs précédents conseils, chose qu’il désapprouve. Sur les deux situations, le président du Tribunal militaire, Seidou Ouédraogo a estimé que la commission d’avocat reste telle.
Abdou Compaoré en liberté provisoire
Une autre décision a été rendue concernant une observation de l’accusé Bationo Omer. Celui-ci n’a pas d’avocat. Aux dires du président du Tribunal, il lui sera commis un d’office.
C’est après ces décisions que l’audience s’est poursuivie avec l’examen de quatre demandes de liberté provisoire. Elles ont été formulées par Abdou Compaoré, Zerbo Mohamed, Nion Florent Akooué et Nanéma Ousséni Faïsail. Dans le verdict tombé vendredi 25 mai 2018, vers 14 heures, seul le soldat Abdou Compaoré a eu gain de cause en bénéficiant de la liberté provisoire. Ce militaire incarcéré juste après le putsch manqué, avait bénéficié de la liberté provisoire. Mieux, il avait été choisi pour faire partie d’un bataillon au Mali, malgré sa situation. C’est en mission onusienne au Mali qu’il a été rapatrié, puis incarcéré. M. Compaoré a tenté plusieurs fois d’introduire une demande pour bénéficier de la liberté provisoire. Cette fois-ci a été la bonne.
Entamé le 27 février dernier, le procès du coup d’Etat manqué de mi-septembre 2015 a connu plusieurs reports. Les inculpés dans le dossier sont au nombre de 84 dont 66 militaires et 18 civils. Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé sont considérés comme les présumés cerveaux de ce coup d’Etat manqué.Selon l’arrêt de renvoi, ils sont poursuivis pour, entre autres, «attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, dégradation de biens appartenant à autrui, trahison, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, violence et voies de fait sur autrui, ou de complicité de ces infractions».
Alexandre TRAORE
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