Le jour tant souhaité par le président tunisien Kaïs Saied, est enfin arrivé : ce 6 octobre 2024, il l’attendait de pied ferme, en rongeant son frein car c’est le jour qu’il a choisi pour obtenir un second bail à la tête de la Tunisie !
Rien n’a été laissé au hasard par ce constitutionniste qui a mis les lois à sa botte, en commençant par celle de la Loi Fondamentale, le Conseil supérieur de la magistrature, les opposants et société civile … Dernière manœuvre pour être sûr qu’aucun couac ne viendra troubler sa victoire, l’embastillement d’un des 2 comparses à cette pseudo-présidentielle, Ayachi Hammami.
Mi-figue mi-raisin, c’est-à-dire, ni désaffection, ni engouement, les électeurs sont sortis hier pour voter, et justement, le taux de participation sera la donne qui sera «news». Même s’il ne faut pas se faire d’illusion sur l’issue du scrutin.
Jouée d’avance l’élection l’est, car on voit mal comment les 2 candidats accompagnateurs pourraient bousculer le président-candidat lui qui est le hyper favori. Certes, des Tunisiens sont sortis ce vendredi 4 octobre, 2 jours avant le scrutin pour crier à Tunis leur ras-le-bol de ce qu’ils appellent «piétinement des libertés et les pleins pouvoirs de Kaïs Saied». Mais qu’y peuvent-ils ?
Aux «lui au moins, on le connaît» des partisans du chef de l’Etat répondent en échos les cris désapprobateurs de ces manifestants. Halte aux opposants, journalistes et droit-de-l’hommiste arrêtés. Hier, à ce scrutin cadenassé de partout, difficile de croire que Kaïs Saied puisse ne pas sortir gagnant. Crainte des populations désabusées par cette marche forcée du président pour demeurer au palais de Carthage, absence d’observateurs indépendants, indifférence de la Communauté internationale, toutes les planètes sont alignées pour une réélection de Kaïs envers et contre tous !
Victimes, les révolutionnaires trempés de Jasmin de 2011, qui avaient déboulonné Ben Ali ! Qu’est cette Révolution devenue, 13 ans après son avènement ? Pour de nombreux Tunisiens, passées les premières espérances, le départ du Raïs n’a pas fait place à un mieux-être ! Et l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saied a bouché davantage l’horizon d’un peuple qui a tant espéré. Et hélas, risque encore de supporter le même locataire de Carthage durant les 5 prochaines années !
La REDACTION
COMMENTAIRES