L’opposition politique burkinabè, par le truchement du président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo et de Mamadou Kabré, président du Prit-Lannaya, a animé un point de presse, le mardi 5 juin 2018, à son siège à Ouagadougou. La saison pluvieuse et le début de la campagne agricole, les examens et concours directs de 2018 et la situation politique nationale ont constitué les points saillants de cette rencontre.
Ces dernières semaines, l’actualité nationale a été marquée par des séries d’évènements. Cette pluie diluvienne qui a causé la mort de 5 personnes dont un étudiant en médecine, l’organisation des examens et concours et le projet de loi révisant le statut de l’opposition. C’est dans ce contexte que l’opposition politique burkinabè, à travers la voix de Eddie Komboïgo et Mamadou Kabré, a tenu une conférence de presse, le mardi 5 juin 2018. «Ce sont les agriculteurs et les éleveurs qui nourrissent les Burkinabè», a déclaré le président du CDP, à l’entame de sa déclaration liminaire. Pour ce dernier, le gouvernement doit prendre des mesures d’accompagnement au profit des organisations des secteurs agricoles et pastorales. «Il faut révolutionner la pratique de l’agriculteur et de l’élevage dans notre pays pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et créer de nouvelles formes d’entrepreneuriat en milieu rural», a-t-il fait savoir. Dans le volet examens et concours, l’opposition crie à la démission du gouvernement. Celle-ci estime que le gouvernement n’offre pas de choix aux jeunes diplômés ou qualifiés de trouver un emploi. «Malgré leur amour pour la patrie et leur refus d’immigrer, les jeunes sont laissés à eux-mêmes et livrés à la délinquance, ce qui n’augure pas un lendemain serein pour notre pays», s’est-il offusqué. Quant aux examens scolaires qui auront lieu bientôt, Eddie Komboïgo a déploré le sort des élèves dans le Sahel. Et pour cause, explique le président du CDP, certains enseignants ont été contraints de quitter leur poste, sous la menace terroriste. Par ailleurs, l’opposition propose au gouvernement d’instituer une bourse spécifique pour les élèves du Sahel admis à l’entrée en 6e et à l’entrée en 2nd. Lors de cette conférence, l’opposition a saisi l’occasion pour dénoncer certains agissements du gouvernement jugés malsains. En rappel, le vendredi 2 juin 2018, l’Assemblée nationale, après des débats en commission, a soumis au vote un projet de loi révisant le statut de l’opposition. Ce projet a été initié par le gouvernement. «Les députés de la majorité ont choisi de boycotter le texte révisant le statut de l’opposition burkinabè », a déploré le premier responsable du CDP. Dans la même veine, l’opposition proteste : «Un gouvernement peut retirer un texte, mais il ne peut pas le faire au moment de passer au vote», s’est-il indigné. Par ailleurs, cette rencontre a été couronnée par la question de la peine de mort qui défraie la chronique, ces derniers temps. Là-dessus, l’opposition est claire : «un groupe d’individus ne peut pas prendre une décision sur la question de la peine de mort», précise le patron du CDP. En effet, ce dernier a proposé de soumettre cette question à un référendum pour que le peuple en décide.
Omar SALIA
(collaborateur)
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