Fada, Madjoari, Kaya, Yako … et surtout Ouagadougou, samedi 3 et dimanche 4 juillet à l’appel du Chef de file de l’opposition burkinabè (CFOP/BF), Eddie Komboïgo les populations sont sorties pour délivrer un message tonitruant de comice : y en a marre des deuils, des compassions et des interminables tueries dues au terrorisme que n’arrive pas ou peine difficilement à résorber le pouvoir de Roch, et ce depuis 5 ans et demi.
L’onde de choc du massacre de Solhan le 5 juin 2021 et de la tuerie sur l’intersection Foubé-Barsologho le 22 juin ont été l’élément catalyseur de ces marches de 48 heures à dimension nationale, dont les motifs déclinés et exigibles par l’opposition étaient : congédiement du Premier ministre, des ministres de la Défense et de la Sécurité, la lutte contre la corruption et la mal-gouvernance.
27 juin, le «Je vous ai compris» présidentiel tombe sous la forme d’un discours de Roch qui prend date pour revoir la lancinante problématique sécuritaire. Tour à tour, promesses sont faites et on sent que des décisions seront prises. 30 juin le couperet tombe sur les 2 ministres transformés en moutons sacrificiels, remplacés par le chef de l’Etat à la Défense flanqué d’un militaire ministre délégué, le colonel-major Barthélémy Aimé Simporé (un petit recul de Roch qui ne voulait pas de soldat ministre) et d’un juriste à la sécurité et précédemment ministre délégué aux Burkinabè de l’étranger, Maxime Koné.
A l’inventaire des pancartes brandies et des slogans scandés ce 3 et 4 juillet 2021, on lit : «On veut plus de sécurité», «Y a-t-il un président à Kosyam ?», «Libérez le général Diendéré», le constat est palpable qu’on n’a battu le macadam, mais pas pour les mêmes raisons :
– Certains l’ont fait pour exiger plus de sécurité ;
– D’autres pour le limogeage des 2 ministres, ces derniers ont dû ne pas sortir, puisque c’était chose faite ;
– D’autres encore pour que Roch parte ;
Tandis que des marcheurs voulaient qu’on élargisse Diendéré.
– Des marches et plusieurs interrogations et même des certitudes selon qu’on se trouve au CFOP ou au pouvoir. Le maire de Ouaga et le Chef d’état major des armées CMGEA ont donné le OK pour ces manifs et il n’y avait pas de maréchaussée trop visible, juste la police pour sécuriser.
Le pouvoir selon certains par le truchement du parti majoritaire a sonné le boute-selle pour diluer ces marches, soupçonnant un agenda caché du CFOP. En particulier de vouloir déstabiliser le pouvoir. On a parlé de distribution d’espèces sonnantes et trébuchantes par le MPP pour dissuader les uns et les autres de sortir. Débauche de moyens pour faire échouer ces marches ?
Mais distribution pour distribution de sous, d’aucuns aussi affirment qu’ils ont reçu 2 000 FCFA de l’opposition pour massifier les marcheurs. Certains slogans et écriteaux paraissaient également insolites et un peu suspects sur les bords, car n’ayant rien à voir avec la sécurité, mais braqués plutôt sur le pouvoir ! Il est évident qu’il y a eu une politisation de la problématique sécuritaire, et c’est bien dommage, car il ne faut pas laisser la proie pour l’ombre, ne pas se méprendre sur l’ennemi qui restent et demeurent le GSIM, l’EIGS et toute la noria de katibas qui tenaillent mortellement le Burkina et le Sahel en général. Encore que ceux qui ont tapé du pied les rues et artères n’étaient pas forcément tous du CDP ou du MPP, il y avait du tout, des Burkinabè sans coloration, et chacun était obnubilé par l’insécurité. C’est ça l’essentiel !
Que les chapelles politiques se crêpent le chignon (pouvoir et opposition), c’est dans les mœurs politiques, mais que le terrorisme sert de chiffon rouge pour assouvir quelque dessein politique, c’est un pis-aller.
L’opposition a bien fait de sonner le Cor pour sortir le pouvoir de sa somnolence paradoxale, qui désigne ce «dormir éveillé» le premier stade du sommeil. Car en vérité, on ne peut pas dire que le pouvoir dort d’un sommeil profond, face à cette pieuvre terroriste, il lutte mais les résultats restent en déçà des attentes. Etre dans les bras de Morphée de façon superficielle face à un tel danger, c’est risqué, mais a l’avantage de pouvoir déboîter au quart de tour. C’est à cette exigence que fait l’opposition au pouvoir pour arrêter les tueries de masse comme Solhan.
La REDACTION
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