Manifestation de la CAC dispersée à Bamako : L’opposition pousse  BK à la faute

Manifestation de la CAC dispersée à Bamako : L’opposition pousse  BK à la faute

L’oukase de l’état d’urgence en vigueur, l’avait interdite, mais la Coalition pour l’alternance et le changement (CAC), le regroupement de l’opposition a passé outre et a tenu à sa manifestation qui a dégénéré  en course-poursuites, bastonnades, jets de lacry et 16 blessés, dont un policier par les manifestants.

Et dans la foulée l’exigence de la démission de PM, Soumeylou Boubey Maïga. A 1 mois et 3 semaines d’une présidentielle ouverte, et risquée pour des raisons politiques et sécuritaires l’opposition a voulu battre le bitume pour exiger un vote transparent, crédible et honnête par… l’égalité des chances pour la vingtaine de candidats. Ce samedi 2 juin 2018, il y avait là au devant du millier de manifestants, les têtes de proue de l’opposition malienne et tous postulants à l’escalade de la colline de Koulouba, les Soumaïla Cissé, Mohamed Aly Bathily, Aliou Boubacar Diallo, Habib Dembélé… Un mouvement qui a fini en ruissellement, l’appareil répressif du pouvoir l’ayant empêché.

Si l’opposition a crié ex cathedra ce 2 juin sa colère noire, c’est qu’elle subodore que par des comportements dilatoires, le pouvoir en place veut snober la présidentielle ou la reporter sine die. Pour ces anti-IBK, c’est clair comme un nez crasseux sur une tronche propre, que le gouvernement a une peur bleue de l’échéance du 29 juillet, malgré ses assurances factices. Soumaïla Cissé, l’enfant terrible de Nianfuké et principal opposant, n’en doute pas «IBK sait qu’en allant à ces élections, il ne peut pas les gagner», a-t-il asséné. En vérité, cette sortie ratée de l’opposition donne le tempo d’une précampagne chahutée qui préfigure une campagne chaude et de facto, une élection corsée.

L’opposition a raison en partie de hausser le ton, car à 2 mois de l’élection du premier magistrat du Mali, rien n’indique de façon substantielle, que le processus se déroulera selon les règles de l’art démocratique. Certes, le fichier électoral, passé sous les fourches caudines de partenaires neutres, avec 8 420 000 votants fait l’unanimité. Mais où en est-on avec le transport du matériel électoral sur toute l’étendue du territoire ? Par voie terrestre ou aérienne ? Quelles sont les mesures prises pour sécuriser tout le processus depuis le vote dans les urnes, jusqu’aux résultats en passant par le  dépouillement ? Les candidats auront-ils le même temps d’antenne sur l’ORTM, la radio-télé malienne ? Qui épiera ces élections, notamment la qualité des observateurs, qui viendront ? Bref à quelques 7 semaines de la présidentielle, force est de constater, que le processus électoral est toujours bancal. Cette ruade de l’opposition est donc compréhensible.

A contrario, IBK a tort sur toute la ligne de sortir ses securocrates, disperser les opposants car sous le couvert de l’état d’urgence, il viole la constitution, et donne du grain à moudre à ceux qui estiment qu’il fait tout pour ne pas tenir à bonne date l’élection ou pire ne compte même pas la tenir. Encore que l’etat d’urgence existe depuis novembre 2015, or depuis ce temps que de mannifs! Lorsque dans un pays les populations sont dans la rue, pour des causes politique, économique ou sociale, c’est toujours mauvais pour le pouvoir en place, et ce 2 juin risque d’impacter passablement sur l’électorat d’IBK, le 29 juillet prochain, car l’opposition a poussé ce dernier à la faute politique.

Enfin, le Mali n’avait vraiment pas besoin de cette atmosphère d’Etat d’exception, car le pays est suffisamment en danger pour ne pas en rajouter. Avec un scrutin insécurisé, au Nord comme au Centre par des djihadistes qui rodent, cherchant la première occasion pour ensanglanter et endeuiller,  ce n’est pas le moment de se chamailler, comme le dit bien à propos l’adage «Lorsque la pluie vous bat, évitez de vous battre entre vous».

Sam Chris

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