Le ministre de l’urbanisme et de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonanet, a animé le jeudi 8 février 2018, un point de presse, en vue de présenter les résultats engrangés par son département, au cours de l’année écoulée et aussi, d’esquisser des perspectives pour 2018. Il est ressorti de cette rencontre avec les hommes des médias que pour l’année en cours, il y aura l’accélération du projet concernant les 40 000 logements, mais aussi que les lotissements reprendront bientôt, à l’issue des travaux des commissions chargées de l’apurement du passif foncier.
Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la commission d’enquête parlementaire sur le foncier urbain, qui devait résoudre le problème des lotissements, une commission interministérielle ad hoc, chargée de superviser l’apurement du passif foncier urbain avait été installée, le 10 mars 2017. Prévus pour être réalisés dans un délai de 6 mois, jusque-là, les travaux sont toujours en cours, vu selon la commission d’enquête, la profondeur des problèmes identifiés. «A l’instant où je vous parle, des autorisations exceptionnelles de lotissement ont été délivrées par le ministre de l’administration territoriale et le ministre de l’urbanisme pour les premiers lotissements de près de 80 chefs-lieux de communes rurales qui n’ont jamais connu de lotissement, car le texte portant suspension des lotissements au Burkina a prévu un article où une dérogation des autorisations peut être délivrée dans le cadre de la réalisation du programme présidentiel», a soutenu le ministre de l’urbanisme et de l’habitat. Sans omettre de préciser qu’actuellement, 55 autorisations de lotissement ont été délivrées dans des chefs-lieux de communes rurales. Il a aussi souligné qu’autour de la ville de Ouagadougou, aucune autorisation de lotissement n’a été délivrée, jusqu’à présent. Actuellement, il y a un certain nombre d’actes frauduleux, de désinformation, mais des services de sécurité ont été mis sur la trace de ces réseaux et les complices, tout comme les fraudeurs, répondront de leur forfaiture. Les grands projets du ministère pour 2018, sont entre autres, l’accélération des 40 000 logements avec la suite de la construction des logements dans les chefs-lieux de province, qui sera lancée bientôt, les lotissements de 132 communes rurales et l’intensification de la construction des logements dans les centres urbains que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Par ailleurs, le dernier point nécessite la relecture des textes sur la promotion immobilière en matière d’accès aux terres.
Une cité de la diaspora pour les Burkinabè de l’extérieur
Il y aura également une accélération de la fin des travaux des commissions d’apurement du foncier, afin de pouvoir lever la mesure d’arrêt des lotissements, et d’assurer beaucoup plus de justice, de transparence dans cette question de la terre. «En ce qui concerne les personnes vivant dans les zones inondables, nous allons, avec les conseils municipaux, échanger avec elles, car il est vrai qu’elles ont été indemnisées, elles ont eu des parcelles, mais cela n’a pas été accompagné des commodités nécessaires», explique M. Bonanet. D’après ses propos, le cas des zones non loties est spécifié dans le programme présidentiel, et la résolution de ces questions se fera, au cours d’un processus participatif, de manière à impliquer la population. «Présentement, il y a beaucoup de bicoques non habitées, qui ont été construites là-bas, et qui ne seront pas prises en compte ; lors des aménagements, nous allons travailler pour les gens qui y résident et il aura également une réduction des superficies pour ne pas faciliter l’étalement inutile des centres villes», fait-il savoir. Les lotissements sont tout un processus, qui comprend le levé topographique, les photographies aériennes, l’établissement du plan, la réalisation du lotissement sur le terrain, et les attributions de parcelles. Invitant les populations de ces zones à éviter les constructions définitives, car ayant entendu dire qu’il y a des duplex dans certains non-loties, Maurice Dieudonné Bonanet n’a pas omis d’interpeller les propriétaires, en ces termes : «celui qui construit son duplex dans une de ces zones, cela est à ses risques et périls, car le jour où il y a un aménagement et que sa maison tombe sur un terrain où on doit y construire un centre hospitalier, une route ou une réserve, il perdra son investissement, cela sans dédommagement». En somme, il a aussi été question du démarrage bientôt des travaux de la cité de la diaspora pour les Burkinabè de l’extérieur.
Larissa Kaboré
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