Loi d’amnistie à retoquer au Sénégal : Panser les plaies et ne pas oublier la bonne cicatrisation !

Loi d’amnistie à retoquer au Sénégal : Panser les plaies et ne pas oublier la bonne cicatrisation !

Comment sanctionner via des procès les éléments de forces de l’ordre qui ont tiré sur les manifestants lors des troubles politico-sociaux de février 2021 à 2024, tout en préservant les casseurs de bus, des feux tricolores, les magasins et boutiques ?

C’est à cette simple question que se ramène la volonté des députés de la nouvelle Assemblée nationale du Sénégal de retoquer la très controversée Loi d’amnistie votée sous le pouvoir de Macky Sall. C’est à quoi, ils s’attèlent depuis ce 2 avril 2025 au parlement. 65 tués dont 51 par balles, ce sont pour ces victimes que les députés ont décidé de regarder dans le miroir de ce passé récent très sombre.

Et si l’amnistie sous l’ex-régime avait été très chahutée, elle l’est encore avec cette révision qui se déroule dans l’hémicycle depuis hier 2 avril, et sous haute tension. En effet, l’interprétation qui sous-tend le présent toilettage exclut les crimes graves notamment de sang du champ d’application de cette Loi : Meurtres-assassinats, et tueries doivent être jugés, mais pas les dégâts matériels. Autant dire que ce sont policiers et gendarmes qui vont faire les frais de cette révision, car lorsque ceux qui n’étaient encore que des dirigeants du PASTEF, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye étaient soit en prison ou en résidence surveillée, si ce n’est devant les juges, et que leurs militants étaient dans la rue, offrant leurs portails aux balles et gaz lacrymogènes, lorsque ces graves évènements se produisaient, ce sont les Forces de l’ordre qui étaient en première ligne, et c’est là toute la problématique de cette Loi d’amnistie. Les quasi-proscrits par cette révision avaient fait leur travail ! Les Forces de l’ordre ont exécuté des…ordres !

In petto, nombreux sont ceux qui estiment en fait que l’ex-pouvoir a voulu protéger policiers et maréchaussée, alors que le pouvoir PASTEF, veulent qu’ils rendent compte, et surtout qu’il y ait justice pour leurs militants tombés.

C’est la quadrature du cercle en pareil cas : lors de ces affrontements les responsabilités sont partagées : autant la Constitution prescrit la désobéissance civile, autant nulle part, il n’est dit qu’on doit casser, provoquer les Forces de l’ordre voire les agresser, sans qu’ils ne répliquent ! Nulle part aussi, il n’est dit que ces Forces de l’ordre doivent user de balles réelles pour maintenir l’ordre.

Lorsque militants de l’APR-Yaakar et Yewi-Asken Wi-PASTEF s’étripaient dans les rues de Dakar, les Forces de l’ordre se devaient de protéger les biens et édifices publics.

77 députés ont demandé la parole hier. D’aucuns auraient même voulu le report de cette révision en vain. Une telle révision pansera-t-elle vraiment les plaies avec les condamnations et des indemnisations des parents des victimes ? Y aura-t-il vraiment une bonne cicatrisation de ces plaies qu’on rouvre pour cautériser ? Les histoires de grâce amnistiante, surtout en l’espèce sont toujours délicates. Le cas récent de l’ex-président du CNDD en Guinée est assez illustratif.

La REDACTION

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