Ils tâtaient la geôle malienne depuis le 20 juin 2024 pour «opposition à l’exercice de l’autorité légitime». Ils, ce sont les 11 leaders politiques signataires de la déclaration du 31 mars. Ils, ce sont Moustapha Dicko et Yaya Sangaré (Adema-PASJ), Amidou Maïga (RPM), Abderhamane Korera (Asma-CFP), Moulaye Haïdara (PDES), Samba Coulibaly (NEMA), Mamadou Traoré (UNION), Laya Amadou Guindo (ADRP), Mohamed Aly Bathily (M5-RFP-Mali Kura), Mamadou Traoré alias «Le Roi» (Alternative pour le Mali) et Malley Camara (CNDR). Tous, après avoir comparu devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako, étaient retournés en prison, car ayant essayé un refus d’une demande de mise en liberté provisoire. C’était le 12 novembre dernier
Hier jeudi 5 décembre 2024, après 5 mois de détention, ils hument enfin l’air de la liberté, libération qu’ils doivent aux bons offices de l’ex-premier ministre, Ousmane Issoufou Maïga, président de la «Charte pour la paix et la réconciliation». Il a été au cœur des négociations avec le chef de l’Etat Assimi Goïta afin de parvenir à cet aboutissement heureux par l’élargissement des 11 proscrits maliens. Tout est allé vite concernant cette levée d’écrou : une demande officielle de libération le lundi 2 décembre 2024 et dans la foulée, le Tribunal qui la valide ce 5 décembre.
Au-delà de la liberté de ces 11 patrons politiques, c’est la locomotive du dialogue et de la réconciliation qui s’est remise en branle. Poussive et même à l’arrêt, la relance du processus de l’arbre à palabre se retrouve en mouvement de nouveau.
Pour tout dire, les linéaments pour écrire le chemin vers des élections sont de nouveau à l’ordre du jour, car avec cette libération qui était une exigence matricielle des partis politiques, avant toute chose, malgré la reprise de leurs activités. C’est un gage de bonne volonté des autorités maliennes que le dialogue et la cohésion sociale, leur restent chevillés au corps. Ainsi, concomitamment à la liberté recouvrée par ces 11 leaders, le premier ministre et ministre de l’Administration territoriale, le général Abdoulaye Maïga, a pris langue ce même 5 décembre 2024 avec des représentants de partis politiques, un début d’échange pérenne sans doute.
Moralité de la libération de ces 11 politiciens : Assimi Goïta déride une situation politico-sociale malienne passablement grippée, un geste qui trace des solutions majeures, pour transcender les différends qui existent.
La REDACTION
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