Demain samedi 6 mars 2021, les Ivoiriens ont une fois de plus rendez-vous avec les urnes. Quatre mois après la présidentielle contestée dont la campagne avait été marquée par des violences, les protagonistes de la scène politique s’affrontent de nouveau pour décrocher le vote de leurs compatriotes.
Cette bataille électorale devant aboutir à l’élection de 255 députés issus de 205 circonscriptions électorales sur l’ensemble du territoire national a lieu dans un contexte marqué par le retour du Front populaire ivoirien (FPI) parti de Laurent Gbagbo sur la scène politique. En effet, après plus de dix ans de boycott actif, les Gbagbo ou rien (GOR) ont enfin décidé d’aller à l’assaut des votes de leurs compatriotes. Mais, cette fois, ils ne feront pas cavalier seuls. Convaincus que l’union fait la force, le FPI et plusieurs autres partis qui avaient créé la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) ont décidé de se joindre au pachyderme de la politique ivoirienne, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire/Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA) pour faire face à la machine d’Etat le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à qui ils entendent faire rendre gorge.
En Eburnie, cette élection est perçue comme celle de la vérité. Il s’agira pour les forces en présence de confirmer leur suprématie sur la scène politique mais surtout de préparer les échéances futures dans un contexte de troisième mandat dont les voyants sont déjà au rouge.
Après avoir boycotté la présidentielle d’octobre dernier en appelant à la désobéissance civile, l’Opposition entend mettre en déroute le RHDP, majoritaire au parlement et peser de tout son poids sur ce «troisième bail» que s’est offert frauduleusement le «brave Tché». En lame de fond, c’est l’avenir des différentes coalitions qui se joue à travers cette élection.
Alors que se mettent en route les jalons d’un processus de réconciliation nationale, dont les étapes sont dictées par le locataire du palais de Cocody, les différents partis en lice comptent s’appuyer sur l’existant pour s’offrir un score honorable. Ainsi, d’Abobo à Adjamé en passant par Koumassi et Yopougon, cette élection sera très disputée et la moindre voix pourrait faire basculer le destin d’un ou de l’autre candidat.
Enfin, ce scrutin a lieu au moment où le pays retient son souffle sur le sort de son premier ministre et maire d’Abobo, Hamed Bakayoko, évacué depuis quelques jours à Paris où il a été hospitalisé. Face à la gravité de sa situation, son mentor Alassane Ouattara a dû s’envoler pour la même destination afin de s’enquérir de ses nouvelles. Face à ce vide laissé, par celui qui faisait encore, il y a quelques mois office de véritable dauphin putatif, que reste –t-il du système RHDP, pour affronter toute cette armada déployée par l’opposition ? Le verdict des urnes nous le dira !
Davy Richard SEKONE
Envoyé spécial à Abidjan
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