Le président algérien a «refusé d’aller à Canonssa», mais il a opté partir à Confesse. Bipolaire, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, ou touché par la sagesse qu’on appelle en politique, la Realpolitik ?
Peut-être le tout à la fois. Car dans cette tour de Babel, ce que le locataire du palais d’El Mouradia, nomme «Capharnaüm politique ou brouhaha» politique», suscité par de vieux contentieux mémoriels, des histoires d’OQTF algériens expulsable, mais non expulsés, et surtout le cas de l’écrivain Boualem Sansal, dans cette danse de Saint-Guy entre Alger et Paris, qui a semblé être à son paroxysme ces derniers jours avec la réquisition de 10 ans contre Sansal, Tebboune subitement a fait baisser le mercure : par tout simplement le tube plastique, en accordant une interview à la télévision nationale dans laquelle, il a minoré la crise diplomatique qui prévaut, le ramenant à un «malentendu».
Et pourtant, c’est le même président qui, il y a à peine 3 mois, a «refusé d’aller à Canossa», et a eu des mots durs contre la France et l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. A l’évidence, le président algérien veut tourner la page fissa, et passer à des relations apaisées. Et pour cela, son unique interlocuteur reste son homologue français Emmanuel Macron, «son point de repère». A défaut, Jean Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères !
Exit Bruno Retailleau ? Tebboune ne le dit pas expressément, mais c’est tout comme ! Car il aurait voulu dire, «Je vais régler la question avec Macron ou son ministre des Affaires étrangères, mais pas avec celui de l’Intérieur», qu’il ne s’y prendrait pas autrement ! En effet, dans l’affaire par exemple des OQTF, on sent une ligne de fracture entre Retailleau et Darmanin (justice) mais surtout entre Macron, la ligne dure incarnée par le locataire Place Beauveau, laquelle posture ne trouve pas totalement échos à l’Elysée. Le méssage subliminal de cette interview est que seuls Macron ou Barrot sont habilités à traiter le problème. Le Quai d’Orsay plutôt que Place Beauveau.
Tebboune joue-t-il sur cette fibre ? Dans la foulée, pour donner un gage à sa bonne foi, va-t-il gracier par anticipation Boualem Sansal dont il n’a pas pipé mots dans son entretien ? L’Algérie va-t-elle se résoudre à recevoir les OQTF expulsés de France, ou à contrario, la France va-t-elle mettre un bémol à ces reconductions au risque de faire avoir de l’urticaire tous les partisans de la «submersion migratoire» ?
En tout cas, après ce climat d’une froideur mordante entre l’axe Alger-Paris, cette quasi-confession du président Tebboune sonne comme une volonté affichée de recoller les morceaux, d’éloigner le spectre de la dénonciation de l’Accord de 1968 et de continuer dans la vie d’un vieux couple ou beaucoup de raisons militent pour le divorce, mais la tolérance, les enfants et même un brin d’amour l’empêchent !
Et de ce fait, message reçu 5/5 à Paris où le porte-parole du gouvernement français Sophie Primas a apprécié cette sortie du président algérien et estime qu’il peut effectivement se parler pour résoudre les problèmes. Après le dégel, Tebboune réchauffe les rapports avec la France !
La Redaction
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