La Sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique caractérisée par la destruction progressive de l’enveloppe protectrice des nerfs du cerveau et de la moelle épinière. Sa cause reste inconnue. Il n’existe pas de traitement curatif, mais un traitement des poussées, des symptômes et un traitement de fond. Selon Dr Y. T. Modeste Lengané, neurologue en poste à l’hôpital Saint Camille de Ouagadougou, la sclérose en plaques peut entrainer une paralysie d’un ou de plusieurs membres. Même si elle est rare et sous diagnostiquée au Burkina Faso, quelques cas sont diagnostiqués et suivis par des neurologues.
Qu’est-ce qu’une poussée de sclérose en plaques et comment se manifeste-t-elle ?
La Sclérose en paques (SEP) est une maladie inflammatoire chronique du Système nerveux central (SNC), touchant électivement les gaines de myéline, source de plaques de démyélinisation.
La poussé de sclérose en plaques est la survenue de nouveaux signes de la maladie ou aggravation de signes préexistants. La poussée s’installe en général en quelques heures, en quelques jours. Certains facteurs déclenchant peuvent être retrouvés, tels qu’un traumatisme, une infection intercurrente, une vaccination, le post-partum, une intervention chirurgicale et une situation de stress.
Comment la diagnostiquer ?
La sclérose en plaques peut être diagnostiquée à travers un examen clinique habituel : en recueillant les plaintes du patient, avec les antécédents personnels et familiaux, l’histoire de la maladie, et l’examen physique.
Des examens complémentaires : biologie (étude du liquide cérébro-spinal), imagerie (IRM cérébrale et médullaire), potentiels évoqués (PEV, PEA, PEM, PES), bilan urodynamique.
Quelles sont les différentes formes de la SEP ?
La sclérose peut se présenter sous plusieurs formes. D’abord nous avons la forme rémittente-récurrente composée exclusivement de poussées, qui peuvent laisser des séquelles, ces séquelles restant stables entre deux épisodes.
Ensuite la forme secondairement progressive, qui est l’évolution naturelle tardive de la forme rémittente-récurrente.
Enfin la forme primaire progressive.
La forme primaire progressive ou progressive d’emblée, où la progression est présente dès le début, sans poussée. Elle se caractérise habituellement par une atteinte médullaire.
Quels sont ses facteurs de risque ?
La cause de la SEP est inconnue. Cependant, un certain nombre de facteurs de risques ont été identifiés. Il s’agit entre autres de :
La susceptibilité génétique : formes familiales (RR 20 à 40 fois plus élevé chez les parentés de 1er degré).
Human leucocyte antigen (HLA) : HLA-DRB1*1501 +++ (les individus porteurs de cet allèle présentent un risque de développer la maladie augmenté de 3 à 4 fois) ;
Les facteurs environnementaux : fréquence élevée dans les régions tempérées et froides ; Rares en zone tropicale et subtropicale ;
Les facteurs infectieux : certains virus seraient impliqués dans le déclenchement de la SEP (EBV, HSV, CMV, virus de la rougeole, virus de la rubéole, MSRV (multiple sclerosis-associated retrovirus).
Quelle est son ampleur au Burkina ?
La SEP est rare et probablement sous diagnostiquée. Cependant, quelques cas sont diagnostiqués et suivis par des neurologues.
Quelles peuvent être les complications de cette maladie ?
Les complications de la sclérose sont redoutables et peuvent entrainer un handicap moteur de plus en plus lourd au fil de la progression. En plus de cela, il y a les troubles du comportement, les troubles urinaires, la perte d’autonomie et même le décès du patient.
Qu’en est-il de la prise en charge ?
Onéreuse, la gamme des médicaments n’est pas complètement disponible au Burkina Faso. Durant la poussée, le patient est souvent hospitalisé.
On utilise des médicaments tels que les corticoïdes, des immunosuppresseurs et des immunomodulateurs. Des immunoglobulines intraveineuses peuvent aussi être utilisés ainsi que des échanges plasmatiques.
La kinésithérapie est effectuée continuellement lorsqu’un déficit moteur s’installe .
Interview réalisée par Boureima SAWADOGO
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