Ainsi donc le colonel Sadiba Koulibaly ci-devant chef d’état-major de l’armée guinéenne n’a pas survécu à son emprisonnement, emporté ce samedi 22 juin 2024 officiellement par une crise cardiaque due à un «psycho traumatisme». Arrêté le 4 juin et enfermé dans un lieu tenu secret, ce haut gradé qui faisait partie du premier cercle du chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya, avait été rétrogradé au rang de colonel avant de connaître les dures réalités de privation de liberté, puisqu’il a été condamné à 5 ans de détention, une infortune qu’il doit à sa brouille avec le président Doumbouya.
«Désertion à l’étranger et détention d’armes de guerre», voilà les délits dont on a accablé Sadiba Koulibaly pour permettre au Tribunal militaire de le frapper d’infamie en l’emprisonnant, on ne sait où ! Devant les juges le 13 juin dernier, il avait expliqué les raisons de son retour en Guinée lui qui était à l’ambassade du pays à Cuba : «J’ai passé 5 mois sans salaire… les autres ont été mutés et ont été autorisés à rejoindre leurs familles…». Il avait décidé alors de rentrer et sa hiérarchie n’avait pas fait d’objection. Pourquoi l’avoir arrêté manu militari à son domicile à Kountia ce 14 juin ? Les armes en question, c’est un PMAK qui est une dotation personnelle dira-t-il.
Alors que reproche-t-on exactement à celui qui était considéré comme le n°2 du CNRD ? Rétrogradé et radié des effectifs de l’armée, puis condamné, il a donc trouvé la mort ce 23 juin dans une prison. Un décès qui soulève de nombreuses interrogations :
Ses avocats, notamment Me Mory Doumbouya, ne savait pas que le colonel Koulibaly souffrait. C’est vrai qu’une crise cardiaque peut survenir à tout moment, mais dans le cas de l’ex-CEMGA de Guinée, la circonspection est dans beaucoup d’esprit, surtout de sa famille et proches consternés et abasourdis !
Le certificat de décès mentionne que la mort est survenue lundi 24 juin à l’Hôpital Ignace Dine, donc pas le samedi en prison. Une mort avec 2 dates ! De quoi cet officier supérieur très respecté de l’armée est-il accusé vraiment ? En quoi ce retour du colonel de Cuba est-il tellement délictuel qu’en quelques jours, son sort fut décidé judiciairement ? Quelle est la nature de sa brouille avec son ancien allié de président Doumbouya ? Le soupçonne-t-on d’avoir voulu attenter à la sûreté de l’Etat ? Pourquoi selon les avocats, on fait de la résistance pour restituer le corps ? Un décès et une kyrielle de questions qui font qu’on n’a pas besoin d’être un Sherlock Holmes pour deviner que beaucoup veulent en savoir davantage !
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