Le point de presse hebdomadaire initié par le Chef de file de l’opposition politique (CFOP), a eu lieu ce mardi 22 mai 2018, à Ouagadougou. En face des hommes des médias, les conseillers municipaux de l’opposition ont décrié la gestion de la commune de Ouagadougou par le maire, Armand Roland Pierre Béouindé.
Ce n’est un secret pour personne, depuis plus d’un an déjà, la mairie de l’arrondissement n°3 de Ouagadougou est secouée par une crise dont personne ne voit le bout du tunnel. Qui est derrière cette crise et que veut-il ? Le président du conseil municipal UPC, Jean Léonard Bouda pointe du doigt, le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Béouindé. Il l’accuse de mettre en œuvre des moyens pour faire tomber le maire de l’arrondissement n°3, Raïnatou Ouédraogo. Elle justifie son propos par le fait que depuis le mois de janvier, ledit arrondissement attend sa dotation de 2018 sur la base du budget 2017et que le maire de la commune de Ouagadougou a marqué sa volonté de gérer le budget de l’arrondissement n°3. Il voit dans cette attitude de Armand Roland Pierre Béouindé, une volonté d’asphyxier financièrement l’arrondissement n°3 et de retourner les services déconcentrés et la population contre le conseil municipal, après avoir échoué à faire tomber le premier responsable dudit arrondissement. Pour enfoncer le clou, Jean Léonard Bouda confie que le patron de la commune de Ouagadougou a poursuivi en justice, des maires de l’opposition et leurs adjoints qui sont venus au secours de l’arrondissement n°3 sans rien recevoir en contrepartie. Il déclare pour sa part que : «ce comportement démontre que cet homme est contre les habitants de l’arrondissement n°3», avant de rappeler qu’il n’y a aucune loi qui interdit à un officier d’Etat civil élu de Ouagadougou, de célébrer un mariage sur le territoire communal de Ouagadougou.
Estimant que le maire Armand Roland Pierre Béouindé est un frein à la décentralisation et au développement local, le président du groupe municipal UPC, a interpellé le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, sur ses agissements; qui selon lui, abuse de ses pouvoirs pour nuire à ses adversaires politiques. Il pense que ses comportements risquent de détériorer le climat social déjà délétère.
Le maire de Ouaga pas un exemple de bonne gouvernance
Si les conseillers municipaux de l’opposition accusent le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Roland Pierre Béouindé d’être derrière la crise qui secoue l’arrondissement n°3 ; ils l’accusent également de mauvaise gestion de la commune. C’est ainsi que le 21 mars 2017, ils avaient dénoncé la gabegie dans l’organisation des fêtes de fin d’année ; dont le bilan est établi à plus de 113 millions de francs CFA dépensés, a rappelé le président du groupe municipal. Il confie que pour ce qui est des réjouissances de fin d’année 2017, plus de cinq mois après, aucun bilan n’est annoncé. Cette situation lui fait dire que la gestion de la commune de Ouagadougou est loin d’être un exemple de bonne gouvernance. Pour sa justification, il confirme que la gestion des ressources humaines est telle que les mairies d’arrondissement sont dépourvues de personnel. A l’en croire, le maire de Ouagadougou nomme qui il veut et reprend qui il veut. Pour ce qui est du ramassage des ordures de la ville, il indique qu’il reste du ressort du maire qui préfère gérer seul les trois milliards de francs CFA mobilisés à cet effet. Béouindé n’a aucune considération pour les maires d’arrondissements au point qu’il s’incruste dans les arrondissements pour mener des activités sans informer et encore moins impliquer les maires d’arrondissements, a-t-il soutenu. Se rappelant du différend qui oppose le maire Armand Roland Pierre Béouindé au PDG de la société immobilière, Abdoul Services International, Abdoul Ouédraogo, il a affirmé que c’est cette attitude de ‘’faucon solitaire’’ selon ses mots, qui a conduit le patron de la commune de Ouagadougou à refuser le don d’ambulances et de terrain offert par le promoteur immobilier et destiné au dernier repos des défunts, sans avoir consulté le conseil municipal, seul autorisé à refuser ou à accepter un don. Pour le conférencier, la haine de l’adversaire à toujours aveuglé Béouindé si bien qu’il oublie que dans tous les arrondissements vivent des Burkinabè de tous bords politiques.
Thierry AGBODJAN
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