Assassinat de Norbert Zongo, 26 ans après: Un procès avec François Compaoré in absentia en 2025

Assassinat de Norbert Zongo, 26 ans après: Un procès avec François Compaoré in absentia en 2025

 

 

 

13 décembre 1998-13 décembre 2024, voilà 26 longues années que Norbert Zongo et trois (3) de ses malheureux compagnons ont été tués et brûlés en rade de Sapouy. C’était comme hier. Ce cercueil que porte une foule dont la tête était au cimetière de Gounghin et la queue à l’hôpital Yalgado.

 

La Commission d’enquête indépendante (CEI) dirigée à l’époque par le juge Kassoum Kambou avait, dans son rapport rendu public le 7 mai 1999, cité nommément «six suspects sérieux». Mais comme par enchantement, les soldats Christophe Kombasséré et Ousséni Yaro, le caporal Wampasba Nacoulma, les sergents Banagoulo Yaro et Edmond Koama et l’adjudant Marcel Kafando, tous membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont quitté le monde des vivants un à un des suites de maladies…

Le dossier confié au juge Wenceslas Ilboudo, en charge d’instruire le dossier Norbert Zongo, ne connaitra pas une véritable avancée, jusqu’au Non-lieu «scandaleux» prononcé en 2006 huit ans après. Plus aucun acte ne sera posé en justice jusqu’à la chute du clan Compaoré en octobre 2014 et l’avènement de la Transition dont le président Michel Kafando ordonnera la «réouverture du dossier par le fait du prince». Un nouveau juge d’instruction est désigné et plus de liberté accordée pour la conduite du dossier. Des réparations sont également octroyées aux ayant-droits des boucanés de Sapouy. S’en suivra la bataille judiciaire pour obtenir l’extradition de François Compaoré frère cadet du président Blaise Compaoré et principal suspect. Mis aux arrêts en 2017, à l’aéroport Charles De Gaulle de Paris alors qu’il était en transit en exécution du mandat d’arrêt international émis par le Burkina Faso, l’extradition de François Compaoré était sur la bonne voie avec l’adoption d’un décret par le gouvernement français, avant que ce dernier ne fasse machine arrière des mois après en annulant ce décret d’extradition. L’espoir de revoir, celui que la vox-populi surnomme le «petit président» dans le box des accusés à Ouagadougou va s’effondrer en décembre 2023, lorsque dans une décision, la Cour européenne des droits de l’homme va émettre des doutes sur l’administration d’une justice équitable dans un «éventuel procès» avec François Compaoré à la barre. Le principal motif invoqué pour justifier son opposition à l’extradition de ce dernier serait le contexte politique burkinabè caractérisé par l’avènement d’un pouvoir militaire au pays des hommes intègres et les tensions diplomatiques croissantes entre Ouagadougou et Paris rendant exécrable la coopération entre les deux pays et par ricochet une impossible extradition du principal accusé.

Pour ce triste anniversaire, le collectif des organisations de masses et de partis politiques, fer de lance du combat pour la justice pour le directeur de publication de L’Indépendant et ses compagnons par la voix de ses responsables a lancé un appel pour que ce dossier connaisse son épilogue au tribunal. En clair, les parties civiles souhaitent un procès par contumace de cette affaire qui n’a que trop duré dans les couloirs de la justice. A présent donc, les regards sont tournés vers la justice qui devra s’atteler à programmer le procès qui ouvrira la voie au jugement de cette affaire emblématique pour qu’enfin justice soit rendue aux victimes et à leurs ayant-droits qui en portent toujours les stigmates.

Le parquet d’ailleurs, a laissé subodorer qu’un juge d’instruction rendra une ordonnance de renvoi et de mise en accusation devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou. Tout a été mis en œuvre pour que la Cour d’appel ait le dossier courant les premières semaines de 2025 et à charge pour cette cour de connaître de ce dossier, et tout absent sera jugé par contumace.

 

Davy Richard SEKONE

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