Alternance au Burkina

"Il ne faut pas trop bousculer Blaise"

(Cherif Idriss, ex-ministre de Dadis Camara)

Ancien ministre de la communication, sous le régime du capitaine Dadis Camara, Idriss Chérif est resté proche de ce dernier, malgré le fait que l’ex-patron du CNDD séjourne, depuis quelques années, à Ouagadougou. Dans le présent entretien, il revisite l’époque du «Dadis Show», parle de la situation actuelle en Guinée, depuis le parachèvement du retour de l’Etat de droit par l’installation de l’Assemblée nationale. Naturellement, faisant de fréquents va-et-vient au Burkina, il donne son avis sur la physionomie du landernau politique au Faso.

 

"Il ne faut pas trop bousculer Blaise"

(Cherif Idriss, ex-ministre de Dadis Camara)

Ancien ministre de la communication, sous le régime du capitaine Dadis Camara, Idriss Chérif est resté proche de ce dernier, malgré le fait que l’ex-patron du CNDD séjourne, depuis quelques années, à Ouagadougou. Dans le présent entretien, il revisite l’époque du «Dadis Show», parle de la situation actuelle en Guinée, depuis le parachèvement du retour de l’Etat de droit par l’installation de l’Assemblée nationale. Naturellement, faisant de fréquents va-et-vient au Burkina, il donne son avis sur la physionomie du landernau politique au Faso.

 

Vous séjournez fréquemment, au Burkina Faso. Pour quelles raisons ?

Vous savez que j’ai été ministre du président Dadis, dans la première transition, c'est-à-dire celle menée par le CNDD. Le président Dadis Camara est un ami, à tout moment, je viens à Ouagadougou régulièrement, à chaque fin de mois,  pour m’enquérir de son état de santé, de son moral et pour aussi, échanger avec lui, de questions d’ordre général et  politique. Par ailleurs, je mettrai à profit ce séjour pour rencontrer des amis politiques burkinabè.

 

Justement, d’aucuns affirment que vous effectuez des missions pour le compte du président Dadis Camara. Si oui, lesquelles ?

Vous savez que pour le moment, le président Camara ne fait pas de politique et qu’il n’a pas de missions particulières à confier à qui que ce soit. Pour moi, il reste un chef, un ami et un compagnon à qui je viens rendre visite, parce que je suis à Abidjan et chaque fois que mon temps me le permet, je suis à ses côtés.

Donc, cela ne signifie pas que j’effectue des missions pour son compte. (Rires). D’ailleurs, je ne sais pas quel genre de missions, je pourrais effectuer pour lui, alors qu’il n’est pas en fonction, il n’est pas chef de parti politique. Il n’est qu’un militaire en convalescence à Ouagadougou.

 

Votre parti, l’Alternance démocratique pour le changement (ADC) n’est ni dans la mouvance arc-en-ciel du président Alpha Condé, ni avec la coalition qui soutient Cellou Dalein Diallo. Où vous situez-vous alors ?

 

Vous savez que l’ADC est un parti que j’ai pris en marche, et cela fait un bon moment que je ne suis pas sur le terrain politique à Conakry, non seulement pour faire certaines prises de position, et pour faire certaines approches avec les formations politiques avec lesquels je partage certaines visions comme celle de Sidia Touré, l’UFR, l’UFDG.

Cela veut dire que je me sens proche de ces partis d’opposition. Présentement, nous travaillons avec mon vice-président, le Docteur Diallo, à créer un bloc avec les autres partis centristes dans le but de tendre vers une opposition constructive, dans la perspective d’une alternance politique.

Nous partageons les mêmes avis que l’opposition qui est très catégorique sur certaines questions politiques, parce que la démocratie est multipartite et quand ce n’est pas le cas, on l’appelle dictature.

C’est pour cette raison qu’en ces temps de tension politique, j’ai donné toute la latitude à mon vice-président pour tout rapprochement allant dans le sens du renforcement démocratique  et de l’apaisement dans mon pays, la Guinée.

 

L’ADC  n’a obtenu aucun député ni aucun mandat électif. N’est-ce pas la preuve qu’il vous faut aller vers des alliances ?

 

Effectivement, notre parti a présenté des candidats aux dernières législatives, sans réussir à obtenir un élu. Mais, vous savez qu’avec les conditions dans lesquelles nous y sommes allé (fichier électoral, les forces politiques en présence), nous n’avons pas à rougir.

L’important était d’abord, de nous présenter sur la ligne de départ  pour notre premier scrutin, et le reste devra venir des stratégies que nous mettrons en branle pour occuper l’espace politique.        

 

Le président Alpha Condé a enfin, son Assemblée nationale. Etes-vous satisfait de la tenue de ces législatives et des députés qui ont été élus ?                                                                                                                             

 

Je ne crois que ce soit l’Assemblée du président Condé, c’est plutôt l’Assemblée nationale guinéenne. Elle appartient à toute la Guinée, ce qui veut dire que pour qu’il y ait un climat de paix, un climat de confiance  entre les Guinéens, il faut que le jeu soit démocratique, il ne faudrait pas que cette Assemblée soit une chambre d’enregistrement, mais plutôt une chambre de grandes décisions, en dépit de sa configuration politique.

 

Comment appréciez-vous l’action du président  Alpha Condé ?

 

Le président Condé a totalement échoué sur plusieurs plans. Depuis son élection à la tête de la Guinée, quand on fait un bilan sans complaisance, on verra que rien n’a évolué, rien n’a été fait. Même au temps du CNDD, les choses n’étaient pas aussi catastrophiques que ça. On sentait l’Etat bouger.

On sentait sa présence dans l’administration, la société et  même dans le panier de la ménagère. Les gens étaient motivés. Les Guinéens sont actuellement assis sur de l’espoir qui se dissipe, de jour en jour.  Aujourd’hui, avec la situation qui prévaut en Guinée,  le président Condé doit comprendre qu’il n’a pas encore décollé et qu’il n’a pas amorcé son décollage.

 

La Guinée peine à se défaire de la violence résiduelle. Que faire ?

 

Vous savez que quand vous n’avez pas une politique de sécurité, d’apaisement, les choses se solderont toujours par la violence. Donc la violence existe, et la situation va de mal en pis. Nous voyons que l’on assassine des responsables financiers et des hauts fonctionnaires de la sécurité dans leur bureau.

Nous passons sous silence les crimes commis sur nos routes. Donc, tout cela relève de l’incapacité des politiques à  travailler à sécuriser la Guinée. A cela, s’ajoutent la répression des manifestations politiques et des affrontements intercommunautaires.  Je n’irai pas jusqu’à dire que cette violence est une culture de chez nous, mais lorsque  les gens sont occupés à faire d’autres choses que la politique, ce sont des situations que l’on peut surmonter sans affrontements. Chez nous en Guinée, la politique a pris le pas sur tout.

Il n’y a pas un seul domaine qui fonctionne et qui suscite l’attention des populations. Tout le monde veut faire la politique, même le vendeur de colas, et c’est  regrettable.

 

Que proposez-vous alors ?

 

Il faut un changement radical du discours politique. Il faut des discussions moins heurtées. Il faut désarmer les esprits. Il faut des approches. Pour être grand, il faut approcher les autres. Mais quand on pense qu’on est grand et qu’on reste sur ses positions, il y aura problème. C’est seul Dieu qui peut rester au ciel et parler, parce qu’il voit tout le monde. Mais, quand un homme se comporte comme Dieu, il faut le laisser.

 

Le Burkina Faso, par son N°1, a chapeauté le dialogue inter guinéen. Avec le recul, quelles appréciations faites- vous de cette médiation burkinabè ?

 

Pour moi, le président Compaoré est un monument, et j’ai toujours dit que son domaine de définition, c’est l’eau. Vous savez que l’eau est calme, et quand elle sort de son silence, on parle de catastrophes naturelles. Pour revenir au problème guinéen, je crois que c’était l’homme de la situation.

Il fallait qu’il soit à la tête de ce dialogue qui, malgré les nombreux évènements malheureux (28 septembre et 03 décembre),  a abouti à la transition et aux dernières consultations électorales qui ont remis la Guinée sur la voie d’un processus démocratique. Avec le recul, je crois c’est un homme qu’il faut respecter à la hauteur de ses actes. C’est une chance que l’Afrique a d’avoir un homme de sa trempe.

Quand je vois certains écrits sur la personne,  je m’exclame et je dis qu’il faut plutôt s’appuyer sur lui pour trouver des solutions aux véritables problèmes de notre continent. La preuve, il n’a pas seulement joué ce rôle de facilitation dans mon pays, on l’a vu en Côte d’Ivoire et au Mali. En Guinée, les problèmes pour lesquels il avait été sollicité ont trouvé des solutions et aujourd’hui, ce qui s’y passe a été créé, après son intervention. Pour tout ce qu’il a fait et fait encore, je lui tire mon chapeau.

 

Que devient l’agresseur du président Dadis ?

 

Toumba Diakité est libre. Il vit à Dakar et se la coule douce. Aucune poursuite n’a été engagée contre lui. Il avait une mission. Je n’indexe personne, parce que je pense que c’est un débat qui est dépassé. Il a accompli un acte salvateur pour les commanditaires de cette tentative. Par la grâce divine, le président Dadis est vivant, c’est tout ce qui importe. Je crois aussi, que c’est une page qu’il faut tourner.

 

Vous séjournez au Faso et constatez qu’ici aussi, le mercure politique est monté de quelques crans. Commentaires.

 

Je pense que la démocratie est une, il faut l’appliquer. Vous savez, il y a certaines choses qui apportent la paix, la stabilité que Dieu attribue aux peuples. Personne n’est indispensable certes, mais il faut savoir procéder de façon méthodique, avec les acquis. Sur la question de l’alternance qui fait débat, je veux dire aux Burkinabè d’être prudents dans le contexte actuel.

D’autres nations ont opéré des changements, et on voit où elles en sont. Aujourd’hui, le Burkina a l’intégrité de son territoire, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations, alors je dis prudence. Un autre homme peut venir et mieux faire, mais il faut savoir franchir les étapes, en dépassionnant le débat. Il ne faut pas changer pour changer. Je dis non. Il ne faut pas trop bousculer le président Blaise Compaoré.

 

Vous avez été conseillé du président Dadis, aujourd’hui, si vous deviez conseiller le président Blaise Compaoré ?

 

C’est un homme que j’ai connu du temps où j’étais encore étudiant. Si j’ai l’honneur d’être son conseiller, je lui dirais tout ce que je pense indispensable au bien-être de la nation. Je lui parlerais avec les tripes. Je lui dirais tout ce que je pense vrai pour l’intérêt supérieur de la nation burkinabè.

Mon expérience de conseiller dans mon pays, je ne la regrette pas. De tout temps, j’ai fait appel à mon sens critique pour guider le président Camara qui, il faut le noter, était un militaire.

 

 

                                                                                      Interview réalisée par

Dramane KONE


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