Mme Rose Compaoré/Konditamdé, députée UPC

«Sur l’article 37, point besoin de consulter le peuple »

 

Elle fait partie des femmes politiques qui ne passent pas inaperçues. Arrivée en politique à la faveur des élections législatives de 2007, elle a marqué de son empreinte la vie politique dans sa province d’origine, le Zoundwéogo, avec sa première formation politique, le Rassemblement populaire des citoyens (RPC). Aujourd’hui, à l’Union pour le progrès et le changement (UPC), elle est une des figures emblématiques du premier parti d’opposition burkinabè. Surnommée la «Lionne» du Zoundwéogo pour son engagement, Madame Compaoré/Konditamdé Rose revisite avec nous dans cet entretien, son parcours et donne son appréciation de la question qui déchaîne les passions politiques : la tenue du référendum, et de facto, la révision de l’article 37.

 «Sur l’article 37, point besoin de consulter le peuple »

Elle fait partie des femmes politiques qui ne passent pas inaperçues. Arrivée en politique à la faveur des élections législatives de 2007, elle a marqué de son empreinte la vie politique dans sa province d’origine, le Zoundwéogo, avec sa première formation politique, le Rassemblement populaire des citoyens (RPC). Aujourd’hui, à l’Union pour le progrès et le changement (UPC), elle est une des figures emblématiques du premier parti d’opposition burkinabè. Surnommée la «Lionne» du Zoundwéogo pour son engagement, Madame Compaoré/Konditamdé Rose revisite avec nous dans cet entretien, son parcours et donne son appréciation de la question qui déchaîne les passions politiques : la tenue du référendum, et de facto, la révision de l’article 37.

Mme Compaoré, comment vous sentez-vous dans votre peau de députée ?

 

Il n’y a aucun changement au niveau de mon statut. Je reste la même Mme Compaoré à l’état civil.    

 

Au Zoundwéogo, vous avez bataillé dur pour implanter l’UPC ; pour une femme ce n’était pas évident. 

 

C’est un engagement. Avant de rejoindre l’UPC, je m’étais  engagée dans l’opposition en 2007, avec le Rassemblement populaire des citoyens (RPC). A la faveur des élections législatives de la même année, c’était la première fois qu’un parti d’opposition réalisait une percée dans la province du Zoundwéogo. Aussi, c’était une grande première dans cette commune qu’une femme devenait première responsable, membre du bureau national et d’un parti d’opposition ! C’était pratiquement du jamais vu. Mais, ma conviction m’a donné la force de surmonter des obstacles. En politique, je crois qu’il n’y a pas de secret, c’est l’engagement et la conviction qui tracent la voie.

 

En effet, les attaques, y compris personnelles, n’ont pas manqué à votre endroit. Comment avez-vous fait pour résister ?

Je viens de le dire. Quand on a la conviction, quelles que soient les embûches, vous parvenez toujours à vous frayer un passage et une sortie honorable. Donc, c’est la conviction qui est mon arme.

 

L’UPC est aujourd’hui, une puissante force politique au Faso. Que comptez-vous faire dans les mois à venir ?

 

Nous sommes présentement dans la phase de renouvellement de nos structures. Notre parti, l’UPC, a été créé pour conquérir le pouvoir d’Etat. Vous savez que cet objectif ne sera pas atteint, si nous ne sommes pas organisés. Les structures avaient été mises en place à la création du parti en 2010, quatre ans après, nous devons procéder à leur renouvellement. Tout en renouvelant, nous animerons ces structures, dans les provinces, les communes les villages et les secteurs. Cela signifie que nous sommes en préparation de la campagne présidentielle de 2015.

 

On sait généralement, que le processus de renouvellement des structures a lieu dans une atmosphère morose. Comment comptez-vous dominer cet aspect à l’UPC ?

 

Comme vous le dites si bien, le processus de renouvellement des structures entraîne souvent, des querelles de positionnement et de leadership entre militants à la base. Nous ne faisons pas exception à cette règle, mais je puis vous assurer qu’on n’a pas enregistré de grosses difficultés dans la mise en place de nos structures à la base.

 

Soyons précis, le CFOP dans lequel se trouve l’UPC, a lancé une croisade contre le référendum dont l’un des points forts sera le meeting du 31 mai prochain, au stade du 4-Août. Que comptez-vous faire exactement ?

 

Avec les autres partis d’opposition, l’UPC compte organiser un grand meeting, le 31 mai prochain au stade du 4-Août pour dire non à l’organisation d’un référendum, dans le but de la modification de l’article 37 de notre constitution comme l’a dit le chef de file de l’opposition. Ce point n’est que le premier pas. Après, nous organiserons des tournées  d’information et de sensibilisation dans les provinces, les communes, les villages et les secteurs pour expliquer aux populations du Burkina Faso, les raisons pour lesquelles nous disons « non» au référendum. Dans cette lutte, il faut que tout soit organisé. Nous mettrons en place des comités contre la tenue du référendum et le 31 mai sera la rampe de lancement des activités contre l’organisation du référendum.

 

Le pouvoir estime que l’opposition a peur du référendum, sinon, pourquoi ne pas y aller, pour que le peuple décide ? Votre appréciation.

 

L’opposition n’a pas peur d’aller au référendum. Elle s’oppose à son organisation pour deux grandes raisons. D’abord, par principe, on n’a plus besoin de demander au peuple s’il souhaite qu’on modifie l’article 37. Selon les dispositions constitutionnelles, on ne devrait pas mettre l’article 37 au vote pour le modifier. La constitution est claire, après deux mandats, le président doit se retirer. Si le président souhaite se présenter à l’élection présidentielle de 2020, aucun opposant ne s’y opposera. Mais, la constitution  est claire. Ça fait deux fois qu’on modifie l’article 37. En 2015, le président Blaise Compaoré sera au terme de son mandat. On n’a pas besoin d’interroger le peuple. La loi fondamentale dit : après deux mandats, terminus, comme on le dit. C’est la première raison.

La deuxième, c’est que  nous avons tous comment les élections sont organisées au Burkina Faso. Ce sont des élections truquées. Il y a la fraude. De nos jours, on a commencé l’achat des consciences. On veut utiliser la pauvreté de nos populations pour faire passer le «oui» à ce référendum. Voilà les deux raisons qui expliquent le rejet du référendum par l’opposition. 

 

Si vous deviez  analyser les tournées du chef de l’Etat dans les régions, que diriez-vous ?

 

On peut dire que le président du Faso est en précampagne, parce que depuis son discours de Dori à la faveur de la commémoration du 11-Décembre 2013, on tergiversait. Mais ses dernières sorties ont fini de nous convaincre qu’il s’apprête à convoquer le peuple pour le référendum pour pouvoir modifier l’article 37. De ce fait, à l’opposition, nous disons qu’il est en situation de précampagne. On peut aussi, avoir une autre analyse. Il se pourrait que ces sorties soient des tournées d’au revoir. Rien qu’avant-hier, il était en visite dans les casernes. On pourrait dire qu’il est en train de dire au revoir à ses concitoyens. Cela n’est pas exclu. 

Mais jusqu'à preuve du contraire, l’opposition reste convaincue qu’il est en précampagne, même si une autre opinion dit qu’il se pourrait qu’il soit en train de dire au revoir aux Burkinabè.

 

Est-ce que vous pensez réellement qu’en 2015, la transition politique se fera sans accroc ?

 

Je ne saurais vous  garantir que la transition se fera sans accroc. Tout dépend du camp d’en face. S’il n’y a pas le référendum, s’il abandonne  le projet de révision de l’article 37, la transition se fera de façon paisible. Mais, on les voit venir et ça m’étonnera que la transition politique se fasse sans accroc. Je ne sais pas ce qui se passera concrètement, quand la tenue de ce référendum sera confirmée par le président du Faso. Je ne peux pas vous donner l’assurance que notre pays sera le havre de paix que nous connaissons.

 

Et si malgré tout, le référendum était organisé, de quels moyens l’opposition usera pour empêcher sa tenue ?

 

L’opposition est en train de s’organiser pour s’opposer à la tenue du référendum. Cela commence par le meeting du 31 mai 2014. Les moyens dont dispose les partis d’opposition sont les meetings, les marches. Je vous rappelle qu’avec ces mêmes moyens, nous avons empêché la mise en place du Sénat. C’est encore par ces mêmes procédés que nous espérons faire barrage à la tenue du référendum. Si malgré tout, le référendum est organisé, l’opposition avisera. Mais, nous ferons tout pour qu’il ne soit pas organisé.

 

Est-ce facile d’être femme opposante dans un milieu jugé «viril» ?

 

Il est facile d’être femme en politique. Quand tu fais la politique chez toi. Quand je dis ça, cela veut dire que toute femme qui occupe un ménage, qui gère la popote et évite la cassure de son foyer, fait de la politique. Mais, il n’est pas aisé de s’engager dans un parti politique, quand on est une femme. Les hommes trouvent qu’il n’ y a pas assez de places pour eux, surtout au niveau des instances, alors il n’est pas question qu’une femme soit promue à un poste de responsabilité. Mais aujourd’hui, les mentalités sont en train de changer et j’ai foi que dans quelques années, on ne sera plus à ces considérations. Ainsi, aucune femme n’aura des difficultés à adhérer à un parti politique.

 

Interview réalisée par :

Dramane KONE

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