Petite reine

Du cyclisme au «voyou-clisme»

Le bras de fer qui oppose l’équipe fédérale aux frondeurs affranchie un seuil inquiétant, ce samedi dernier. Intimidations, usage d’armes blanches, menace de mort… la petite reine s’enraye !

 

Programmé pour se disputer samedi 22 derniers, le 8egrand prix d’Excellence hôtel, qui donne généralement, la température du Tour du Faso, a été interrompue, dès le deuxième tour. D’après les témoignages recueillis çà et là, un groupe d’individus, munis de lance-pierres, dans son entreprise «hooliganesque», barricadé la «piste» du boulevard Charles de Gaulle et blessé des coureurs du peloton.

Tous ceux qui ont suivi le cours des évènements depuis l’accident de Salif Bikienga de l’AS Bessel s’attendaient à un rebondissement, mais pas une telle violence qui élève la crise à un niveau de dangerosité très inquiétant. Même dans certains pays habitués aux règlements de compte à coups de machette, les crises sportives n’ont jamais atteint un tel degré d’animosité, au point d’ériger une règle de chasse à l’homme à la lance-pierre.

Des coureurs pris pour cibles, un président de club menacé de voir sa voiture et sa maison partir en fumée, auxquels vient s’ajouter un promoteur (Excellence Hôtel) désabusé qui, pourtant, ne demandait qu’à apporter sa modeste contribution au développement de la petite reine… les frondeurs ne semblent qu’obier à leur haine viscérale envers l’équipe fédérale actuelle, quitte à faire payer par le feu ou le sang.

Selon plusieurs sources, dégoûtées par la tournure des choses, le président de l’AJCK, Amédée Béréwoudougou, aurait décidé de libérer tous ses coureurs. Dans une affaire où il investit beaucoup d’argent, sans rien en gagner en retour, il n’est pas question qu’il mette ses biens en péril, ainsi que sa vie et celle de sa famille en danger, aurait-il déclaré. Depuis, quelques personnes-ressources tentent de le ramener à la «raison», au nom du cyclisme burkinabè, mais surtout, de ces jeunes sportifs qui ont mis leur destin entre ses mains, en signant dans son club.

S’il y a une question qu’on peut se poser légitimement, c’est celle de savoir si l’usage de la violence comme arme n’est pas, au fond, synonyme de faiblesse. Tout laisse penser que faute de succès dans leur tentative de confondre le président Ouangraoua dans les accusations de détournement, ils ont décidé de se faire entendre par la terreur. Car visiblement, la tentative de rallier les clubs à leur cause s’est là aussi, soldée par un échec. Si non, il aurait fallu simplement attendre que le mot d’ordre de boycott grippe la machine fédérale, et contraigne l’équipe du président Allasane Ouangraoua à rendre le tablier.

A la vérité, on a de plus en plus de mal à cerner les bases réelles des frondeurs. Dans les colonnes de notre confrère le Pays du lundi dernier, l’un des frondeurs dit ceci ; «Il (ndlr : le président Ouangraoua) ne veut pas nous rendre compte de sa gestion et fait recours à la ruse. Tant qu’il ne nous rend pas compte, il n’y aura pas de compétition sur l’avenue Charles de Gaulle jusqu’à nouvel ordre…». Finalement, de quel droit légitime dispose une association de frondeurs (qui à notre connaissance, n’a pas encore de récépissé), pour outrepasser les clubs et les ligues, et exiger qu’un bureau élu lui rende des comptes ? Aucun, à notre avis, hormis peut-être celui de la violence, dont elle croit à tort, avoir le monopole. N’est-ce pas au ministère de demander des comptes aux fédérations ? Du reste, on sait qu’au niveau du ministère, les fonds se débloquent successivement, selon les activités, et que ces déblocages sont soumis aux justificatifs des sommes déjà reçues. Partant de ce principe, les accusations des frondeurs paraissent bancales.

Mais le plus étrange reste celui du silence des clubs et des ligues. La fédération est installée par les ligues et les clubs. Nous aurions compris que la fronde vient de l’une ou l’autre, ou de ces deux structures. Or, dans ce cas présent, il nous semble qu’il s’agit d’une association de supporters, créée sur le vif qui s’est substituée aux clubs et aux ligues pour exiger qu’on lui rende compte, au point de prendre le cyclisme en otage, avec tout ce que cela comporte comme risque.

En souscrivant dans la violence, les frondeurs mettent à mal la cohésion sociale, et dénudent du même coup, toute noblesse dans leur lutte. N’eût été la retenue dont a fait preuve le camp d’en face, l’affrontement était inévitable, car les partisans du président de la Fédération avaient eux aussi, décidé de répondre par la violence.

Que des clubs décident de boycotter les compétitions de la Fédération burkinabè de cyclisme, c’est leur droit le plus absolu. Qu’ils parviennent à mobiliser d’autres clubs, voire tous les clubs à leur cause, c’est tant mieux. Mais que dans le même temps, sur la base d’une connexion coupable, une association décide de faire usage de menaces et de violences, cela nous semble périlleux pour la paix sociale, et n’est de l’intérêt de personne. En tous les cas, il importe que les uns et les autres prennent leurs responsabilités en cette période assez fragile de l’histoire de notre pays. Le danger peut venir de partout, voire de là où on s’y attend le moins.

 

Hamed JUNIOR

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