Discours de l’ambassadeur Gilles Thibault

Le «Tour à tour gouvernés et gouvernants» d’Aristote = Alternance

Après la sortie de l’ambassadeur américain, Tulinabo Musinghi, le 4 juillet dernier, celle de son homologue de France du 14 juillet, fête de l’indépendance de cette nation, était tout aussi attendue, tant par les hommes politiques, la société civile que les médias.

 

D’ailleurs, Gilles Thibault lui-même en était conscient, puisqu’il a déclaré au milieu de son propos que : «J’ai bien entendu, noté dans les conversations comme dans les médias, que le discours du 14-Juillet sera suivi avec intérêt. J’en suis, vous l’imaginez, heureux. Je me garderai bien maintenant de vous dire, n’en déplaise à certains, comment je perçois le jeu de chacun sur la scène politique et qui devrait faire quoi. Je laisse le soin aux Burkinabè d’en décider».

Face à la guerre feutrée que mènent les deux Burkina aujourd’hui, au sujet du référendum et de la volonté de modification de l’article 37, le diplomate français, préfère ménager la chèvre et le chou. D’ailleurs, le pouvait-il, qu’il ne le ferait pas, le sacro saint principe de l’obligation de réserve, lui astreint à soupeser chaque expression et vocable relatifs à la vie nationale du Burkina. C’est pourquoi, il a préféré s’appesantir sur les vertus de cartharsis de l’arbre à palabre, tout en invitant en langue nationale mooré (les nostalgiques diront en langue vernaculaire) que le «Fort doit savoir pardonner = san tara panga, en tara sougri». Ce qui équivaut à inviter le pouvoir en place (qui, toute proportion gardée, est le plus fort actuellement), à savoir raison gardé, même face à certains enragés de l’opposition, qu’ils ont souvent rué dans les brancards.

Du reste, l’ambassadeur se veut être plus prévoyant, en brandissant les risques d’une escalade. Pour bon nombre d’invités qui ont écouté le diplômé de l’ESM  de Saint Cyr, ils en concluent que sur le référendum disputé, et sur l’article 37, il n’a rien dit de concret. POURTANT SI. Tout comme son prédécesseur, le général Emmanuel Beth, de la 11e brigade parachutiste, derrière le diplomate affleure le militaire, avec sa stratégie. Et puis qu’on ne s’y trompe pas : Tout 14-Juillet, dans chaque ambassade française donne l’occasion d’effleurer à demi-mots ce que pense l’Hexagone du pays dans lequel il se trouve. 

En Côte d’Ivoire par exemple, avant le coup d’Etat manqué contre Laurent Gbagbo, en septembre 2002, l’ambassadeur Renaud Vignal, nouvellement arrivé à Abidjan, s’était écrié le 14-Juillet 2002 «qu’avec Gbagbo, ce pays va mieux».

En ce 14-Juillet 2014, sur l’atmosphère politique et sur la problématique de l’alternance, Gilles Thibault a bien dit quelque chose, notamment, lorsqu’il déclara : «La responsabilité : ce principe renvoie à Aristote qui distingue différentes formes de démocratie dont la meilleure vise, aussi bien l’égalité que la liberté, et où tous partagent, principalement de la même manière, le pouvoir politique». Pour lui encore, une des formes les plus abouties de la liberté consiste à être «tour à tour gouverné et gouvernant», ce qui correspond peu ou prou, à la définition qu’il donne du citoyen, à la fois gouvernant et gouverné». Son Excellence touche par ces mots même le cœur de l’alternance, selon la vision aristotélicienne de la démocratie. D’une façon générale, les Grecs, inventeurs de la démocratie, la conçoivent comme le pouvoir du peuple, et les Agoras, assemblées nationales avant la lettre, étaient les lieux de prédilection des discussions sur les questions de la cité.

Le Professeur comme le désignaient Aristote ses concitoyens, par distinction à Socrate le Sage, et à Platon le Maître, affirmait effectivement que ce soit dans l’Ethique à Niconaque et surtout dans Politique, «qu’il faut tenir compte des opinions courantes et de celles des sages… et que l’homme étant naturellement sociable, il y a liaison entre morale et morale». Puis, il ajoutera que «l’animal politique qu’est l’homme doit faire attention, car en morale et politique, les problèmes sont tellement complexes que le risque d’erreur et d’échec est élevé». En fait, Son Excellence a donc bien évoqué ces sujets à polémique, car lorsque Aristote affirme qu’il faut qu’un jour, les gouvernés deviennent gouvernants et vice-versa, il évoque, sans utiliser le vocable Alternance, la nécessité qu’il y ait un roulement dans la dévolution du pouvoir en démocratie. C’est-à-dire opposant aujourd’hui au pouvoir demain ! Quand bien même on sait qu’aujourd’hui en Afrique, les élections ne font pas la démocratie.

Excellence, sans évoquer clairement la désormais épineuse problématique de l’alternance, vous l’avez fait, via la conception aristotelicienne de la démocratie, qui, certes, à l’époque, n’a pas été affinée comme l’ont élaborée Rousseau ou Montesquieu. Mais à l’évidence c’est tout de même un avis, enrobé certes, et renvoyant à des concepts philosophiques de l’antiquité, mais, il s’agit bel et bien d’un point de vue. L’ambassadeur  de France s’est voulu nuancé plus loin, par l’appel à la table ronde, ses propos ont eu l’heur de rappeler au pouvoir comme à l’opposition, que seuls les Burkinabè doivent gérer leurs problèmes. Même s’il est vrai que la France ne sera jamais de trop pour suggérer in extrémis, la voie à suivre.

 

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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